Le livre « La Bataille préliminaire » de Jean Vaquié est souvent présenté comme une référence. En première lecture, la thèse défendue semble anesthésiante : certes nous pouvons et devons agir pour essayer de ralentir la progression de la Révolution (bataille inférieure), mais nous ne pouvons que nous préparer à la vraie bataille (bataille supérieure), laquelle permettra de revenir à la Chrétienté : seul Dieu peut décider de quand et comment cette vraie bataille aura lieu et Son Règne social sera rétabli.

Anesthésiant, car une conclusion pourrait être : « Dans ce cas, inutile de trop se fatiguer. Nous ne pourrons jamais que mener des actions dérisoires. Le mieux est de faire profil bas et d’attendre le signal divin, la personne providentielle, etc. »

 

1/ Notre devoir d’état : obligation de moyens et non de résultats

La (mauvaise) conclusion ci-dessus provient d’une erreur fréquente. Le Bon Dieu nous demande d’agir, à notre place, dans notre état (obligation de moyens). Le Bon Dieu ne nous demande pas de « réussir », de « gagner ». Les hommes d’armes batailleront, et Dieu donnera la victoire (Ste Jeanne d’Arc). Dans une perspective eschatologique, le but n’est pas notre victoire sur terre, mais notre Salut éternel, lié à notre zèle à remplir nos devoirs.

 

2/ La victoire n’est pas à notre portée et ne le sera jamais.

La Révolution est maîtresse du terrain. Ses moyens sont énormes : humains, financiers, culturels, etc. Elle ne recule devant rien : la Révolution est un désordre mais elle sait ordonner / organiser sa défense. Elle n’a pas peur de faire couler le sang. Pour gagner, il faudrait être prêts nous aussi à faire une action de force. Or, notre doctrine concernant une telle action de force est très restrictive. Il faut un chef légitime qui décide cette action, il faut une cause juste. Jusqu’ici, pourquoi pas. Mais il faut aussi des chances raisonnables de succès, et une probabilité raisonnable que la situation à venir ne sera pas pire que la situation précédente. Il serait téméraire de dire que ces conditions sont réunies. Donc nous ne prendrons pas l’initiative d’une action de force. Donc nous n’engagerons pas le grand combat. Seul le Bon Dieu peut susciter les conditions de Sa victoire, à laquelle nous aurons bien sûr à participer.

 

3/ Scénario extrême

Supposons le cas extrême d’optimisation de nos maigres ressources. Supposons que les 200 000 contrerévolutionnaires français finissent par occuper des postes clefs, dans les services de sécurité et de défense notamment. Il restera en face des millions de gens fanatisés par le discours révolutionnaire ambiant, alliés aux pays voisins prêts à leur porter secours, prêts à tous les débordements et à toutes les sauvageries. Il faudrait alors engager un combat total, long, avec une discipline interne très forte, etc. Tout cela semble illusoire à organiser par nous. Seule la pression des événements pourra nous lancer dans la mêlée. Ces événements sont en réalité la marque de la Providence, et ne nous appartiennent pas. Croire que nous pouvons nous-mêmes organiser le combat de la victoire est un leurre.

 

4/ Donc œuvrer pour la bataille inférieure

Tout en nous préparant pour la bataille supérieure, nous ne pouvons donc espérer mener de nous-mêmes que des combats de la bataille inférieure, combats retardateurs, avec parfois de petits succès et souvent d’amères reculs. Cela blesse notre orgueil, et c’est sans doute voulu par le Bon Dieu. Nous devons continuer à « travailler sans chercher le repos, à nous dépenser sans attendre de récompense » ni de grande victoire, tout cela uniquement pour espérer parfois ralentir un peu l’ennemi. Quelle leçon d’humilité ! La bataille inférieure n’est pas négligeable : elle nous permet de faire notre devoir d’état, elle nous prépare pour la bataille supérieure.

 

Notre devoir est d’agir, pas de gagner. Cela n’empêche pas heureusement d’agir avec énergie, imagination, courage, méthode, enthousiasme, etc. Mais cette action « à notre portée » ne peut avoir que des effets limités, dérisoires par rapport aux enjeux. L’action permet aussi de se préparer au grand combat, lequel se déroulera au moment et de la manière décidée par le Bon Dieu. Dans l’état actuel des choses, il est possible d’imaginer par exemple que les pressions communautaires notamment islamiques aboutissent à un désordre tel que les forces en présence auront à entrer en action.

Notre peu de succès ne doit donc pas nous anesthésier. Au contraire, comprendre la limite de notre action permet de nous libérer de faux scrupules, et de nous éviter tout désespoir : faisons ce que Dieu attend de nous, à notre humble niveau, sans chercher à nous mettre à Sa place.

 

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